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Marché secondaire et sortie anticipée
Possibilité de revendre un produit structuré avant son échéance, à sa valeur de marché du moment, qui peut être très inférieure au capital investi.
Mis à jour le
« Puis-je récupérer mon argent avant l’échéance ? » est la question que se posent le plus souvent les détenteurs de produits structurés. La réponse est oui dans presque tous les cas, mais pas au prix que l’on imagine.
Une liquidité organisée, pas un marché
La plupart des produits structurés distribués en France ne sont pas cotés sur un marché où des acheteurs et des vendeurs se rencontrent. C’est la banque émettrice qui s’engage à afficher un prix de rachat, en général chaque jour de bourse, dans des conditions normales de marché. On parle de liquidité quotidienne fournie par l’émetteur.
Cet engagement peut être suspendu dans des circonstances exceptionnelles de marché. La liquidité est donc réelle, mais elle n’est pas garantie en toutes circonstances.
Le prix n’est pas la formule
C’est le point essentiel. En cours de vie, le produit ne vaut pas « capital plus coupons courus ». Il vaut ce que valent, au jour donné, les instruments qui le composent. Son prix dépend :
- du niveau du sous-jacent par rapport au niveau initial et aux barrières ;
- du temps restant jusqu’à l’échéance ;
- de la volatilité du sous-jacent ;
- du niveau des taux d’intérêt ;
- de la qualité de crédit de l’émetteur, qui peut s’être dégradée.
Un produit dont le sous-jacent a chuté peut ainsi valoir 70 % du capital investi, même si la barrière de protection n’a aucune chance d’être franchie à l’échéance et que le capital serait finalement remboursé en entier. Vendre à ce moment transforme une protection intacte en perte en capital définitive.
Le miroir inverse
La symétrie est vraie dans l’autre sens : un produit de longue durée dont le sous-jacent est bien orienté peut se valoriser au-dessus de 100 % avant tout rappel, notamment sur les produits à coupons in fine ou à capital garanti lorsque les taux baissent.
Points d’attention
- Un produit structuré s’achète pour être conservé jusqu’à son terme, rappel compris. La sortie anticipée est une porte de secours, pas une stratégie.
- L’écart entre le prix d’achat et le prix de vente affichés par l’émetteur représente un coût de sortie, auquel s’ajoutent les frais propres à votre contrat.
- La valorisation qui figure sur votre relevé d’assurance-vie est cette valeur de marché, pas le montant que la formule verserait à l’échéance. Une ligne en moins-value ne signifie pas que le produit est perdu.
- Le SRI est calculé pour une détention jusqu’au terme et ne reflète pas le risque d’une sortie anticipée.
- Une moins-value latente sur votre relevé n’est pas une base imposable : voir la fiscalité des produits structurés.