Aller au contenu
Aggrega

Fiscalité des produits structurés

Commençons par ce qui surprend le plus : il n'existe pas de fiscalité des produits structurés. Aucun texte ne leur réserve de régime particulier. Un produit structuré est imposé selon l'enveloppe dans laquelle il est détenu, exactement comme le serait un fonds, une action ou une obligation logée au même endroit.

La question utile n'est donc jamais « comment mon produit est-il imposé », mais « où est-il logé ». Le même produit, avec le même objectif de rendement et la même échéance, peut être imposé à trois moments différents selon qu'il se trouve dans un contrat d'assurance-vie, sur un compte-titres ou dans un PER.

Une seconde question compte, et elle est presque toujours ignorée : sous quelle forme juridique le produit vous est-il vendu ? Un EMTN, titre de créance émis par une banque, et un fonds à formule ne suivent pas les mêmes règles. La différence est sans effet dans un contrat d'assurance-vie, et décisive sur un compte-titres ou dans une société.

Les trois enveloppes en un tableau

Enveloppe Quand l'impôt est dû Taux applicable
Assurance-vie et contrat de capitalisation Uniquement lors d'un rachat 30 %, puis 7,5 % + prélèvements sociaux après 8 ans et abattement annuel
Compte-titres ordinaire À chaque coupon et au dénouement 30 % ou barème progressif sur option
PER À la sortie, pas avant Barème progressif sur le capital versé déduit, PFU sur les gains
Société à l'IS Chaque exercice, selon la forme du produit Impôt sur les sociétés

Barèmes en vigueur en 2026. Le prélèvement forfaitaire unique, ou flat tax, est de 30 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux.

Questions fréquentes sur la fiscalité

Les produits structurés ont-ils une fiscalité particulière ?

Non. Il n'existe aucun régime fiscal propre aux produits structurés. Ils sont imposés selon l'enveloppe dans laquelle ils sont détenus, exactement comme le serait un fonds, une action ou une obligation logée au même endroit. Un même produit n'aura donc pas la même fiscalité selon qu'il est détenu en assurance-vie, sur un compte-titres ou dans un PER.

Mon produit vient d’être rappelé : dois-je payer un impôt ?

Cela dépend uniquement de l'enveloppe. Dans un contrat d'assurance-vie ou un PER, le remboursement anticipé ne déclenche aucune imposition : les fonds sont réinvestis dans le contrat et rien n'est dû tant que vous n'effectuez pas de rachat. Sur un compte-titres, le remboursement est un fait générateur : le gain est imposé au titre de l'année où il est encaissé.

Les coupons versés en cours de vie sont-ils imposés chaque année ?

Sur un compte-titres, oui : chaque coupon est imposé l'année de son versement, au prélèvement forfaitaire unique ou au barème progressif sur option. En assurance-vie et en PER, non : les coupons sont réinvestis dans le contrat sans imposition immédiate.

Puis-je loger un produit structuré dans un PEA ?

Cela dépend entièrement de la forme juridique du produit. Un EMTN est un titre de créance : il n'est pas éligible au PEA. Un fonds à formule, FCP ou SICAV, peut l'être s'il respecte le quota d'investissement en actions européennes exigé par le plan. C'est la documentation du support qui fait foi, jamais son appellation commerciale. Le plan d'épargne entreprise (PEE) et les livrets réglementés, eux, ne peuvent en aucun cas en contenir.

Comment est imposé un produit structuré détenu par une société ?

À l'impôt sur les sociétés, mais le rythme dépend de la forme du produit. Les coupons sont imposés au titre de l'exercice de leur perception. Pour un fonds, les gains et les pertes latents sont pris en compte à chaque clôture. Pour un EMTN, qui est un titre de créance, les gains latents ne sont imposés qu'à la cession, alors que les pertes latentes font l'objet d'une provision déductible chaque exercice. Cette asymétrie est favorable au titre de créance.

Que devient une perte sur un produit structuré ?

Sur un compte-titres, la moins-value réalisée s'impute sur les plus-values de même nature de l'année, puis se reporte sur les 10 ans suivantes. En assurance-vie, la perte sur une unité de compte n'est pas imputable en tant que telle : elle vient réduire la valeur du contrat, et donc le gain imposable lors d'un rachat ultérieur.

Cette page décrit les règles générales en vigueur en 2026 et ne constitue ni un conseil fiscal, ni un conseil en investissement. Les barèmes évoluent avec la loi de finances, et votre situation personnelle, votre contrat et la date de vos versements peuvent modifier le résultat. Vérifiez auprès de votre conseiller ou de l'administration fiscale avant toute décision.