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DIC (document d'informations clés)
Document réglementaire de trois pages remis avant toute souscription. Il présente le produit, son indicateur de risque, ses scénarios de performance, ses coûts et sa durée recommandée.
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Le document d’informations clés, ou DIC, est souvent le seul papier que vous ayez réellement entre les mains. Trois pages, remises avant la souscription, au format imposé par le règlement européen PRIIPs. Tous les producteurs européens remplissent les mêmes rubriques dans le même ordre, ce qui en fait le seul outil de comparaison honnête entre deux produits.
Encore faut-il savoir où regarder. Voici les six rubriques, et ce qu’elles disent vraiment.
1. En quoi consiste ce produit ?
On y trouve le type de produit, sa devise, son échéance, et surtout l’investisseur auquel il est destiné : horizon, connaissance des marchés, capacité à supporter une perte.
C’est le premier test, et le plus vite expédié en rendez-vous. Si le profil décrit ne vous ressemble pas, la discussion devrait s’arrêter là.
2. Quels sont les risques et qu’est-ce que je pourrais obtenir en retour ?
Deux blocs.
Le SRI, l’indicateur de risque noté de 1 à 7, calculé selon une méthode identique pour tous.
Puis quatre scénarios de performance : tensions, défavorable, intermédiaire, favorable. Ils sont exprimés en montant récupéré et en rendement annuel moyen, pour la durée de détention recommandée et souvent pour une durée plus courte.
Attention au contresens le plus répandu : ces quatre scénarios ne sont pas équiprobables. Ce ne sont pas des prévisions et ils ne disent rien de la probabilité de gagner ou de perdre. Ce sont quatre trajectoires calculées par une méthode réglementaire, à partir de l’historique du sous-jacent.
3. Que se passe-t-il si l’émetteur n’est pas en mesure d’effectuer les versements ?
La rubrique la plus courte, et la plus importante. Elle confirme noir sur blanc qu’un produit structuré n’est couvert par aucun mécanisme d’indemnisation.
Sur un EMTN, vous êtes créancier de la banque. Si elle fait défaut, la formule ne vaut plus rien, quelle que soit l’évolution du sous-jacent. C’est le sujet de notre page sur les banques émettrices.
4. Que va me coûter cet investissement ?
Un tableau donne les coûts totaux et leur incidence sur le rendement, exprimée en pourcentage par an, pour une sortie après un an, à mi-parcours et à l’échéance.
Trois choses à savoir pour le lire correctement.
- Les coûts d’entrée sont déjà intégrés au produit : ils ne sont pas prélevés en plus, mais compris dans le prix payé.
- Les coûts de sortie avant l’échéance sont souvent les plus lourds, et ils expliquent une bonne part de l’écart observé sur le marché secondaire.
- L’incidence affichée est annualisée. Un chiffre qui paraît modeste sur une ligne se cumule sur toute la durée de détention.
5. Combien de temps dois-je le conserver, et puis-je retirer mon argent ?
La durée de détention recommandée correspond à l’échéance maximale du produit. Tout ce qui précède, y compris le remboursement anticipé, est décrit ici.
La rubrique précise aussi les conditions d’une sortie avant terme et son coût. Elle mérite d’être lue en entier : c’est le seul endroit où l’absence de garantie de liquidité est formulée explicitement.
6. Comment puis-je formuler une réclamation ?
Les coordonnées du producteur et du distributeur, et la marche à suivre. On espère ne jamais en avoir besoin, mais c’est la seule adresse opposable.
Trois pièges à connaître
Il y a souvent deux documents, pas un. Si le produit est logé dans un contrat d’assurance-vie, vous recevez le DIC du produit et le document d’information du contrat. Les coûts des deux se cumulent, et aucun des deux ne présente le total.
Le DIC est daté. Il décrit le produit à un instant donné, généralement à l’émission. Il n’est pas remis à jour au fil de la vie du produit : ni le SRI, ni les scénarios n’y sont rafraîchis.
Le DIC ne remplace pas la documentation complète. Trois pages ne peuvent pas décrire une formule en entier. Les termes juridiques exacts figurent dans la documentation d’émission, que le code ISIN permet de retrouver.
Points d’attention
- Le DIC est obligatoire et doit vous être remis avant la souscription, pas au moment de signer.
- Comparez les DIC de deux produits rubrique par rubrique. C’est le seul exercice de comparaison qui ait un sens, parce que le format est imposé.
- Un SRI bas assorti d’une incidence des coûts élevée sur un horizon court est une combinaison qui mérite des questions.