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Observatoire des produits structurés

Chiffres réunis et vérifiés au 21 septembre 2026.

Les chiffres du marché français existent, mais ils sont éparpillés entre le régulateur, les fournisseurs de données et les associations professionnelles. Nous les réunissons ici, chacun daté et attribué à sa source. Aucune donnée de cette page ne provient de notre propre base : tout est public et vérifiable.

Un marché qui a mis quatorze ans à retrouver son sommet

Le point haut de 2007 n’a été dépassé qu’en 2021. Entre les deux, la crise financière a vidé le marché, et l’AMF constatait encore fin 2018 des volumes « loin du pic atteint en 2007 ».

Collecte annuelle auprès des particuliers, en milliards d'euros 010203040 22,815,423,442 2007202020212023 251 produits1 988 produits2 500 produits Aggrega
Années documentées uniquement. 2007, 2020 et 2021 : Structured Retail Products. 2023 : pôle commun AMF-ACPR. Les valeurs des années intermédiaires ne sont pas publiées sous forme chiffrée, nous ne les reconstituons pas.

Le plus frappant n’est pas le retour du volume, c’est le changement de nature du marché. En 2007, 251 produits suffisaient à collecter 22,8 milliards d’euros. En 2021, il en a fallu environ dix fois plus pour collecter à peine davantage. Le montant moyen par produit est passé d’environ 91 millions d’euros à moins de 10 millions. Le marché est passé de quelques grandes émissions à des milliers de produits sur mesure.

La forme juridique a basculé en même temps. L’AMF note que ces produits, « constitués à l’origine en quasi-totalité de fonds de gestion collective », sont devenus après la crise des titres de créance dans leur quasi-totalité. La différence n’est pas cosmétique : elle détermine qui vous devez l’argent, et donc votre risque de crédit.

Sur l’ensemble de la période 2001 à 2018, l’AMF chiffre les souscriptions cumulées à 219 milliards d’euros, pour un encours de 52,8 milliards fin 2018, soit environ 1 % de l’actif financier des ménages français. La France se situait alors au quatrième rang européen, derrière l’Allemagne, l’Italie et la Belgique.

Ce que les produits remboursés ont réellement servi

Structured Retail Products calcule chaque année le rendement des produits arrivés à échéance ou rappelés en France. En 2025, l’analyse porte sur 4 106 produits, pour un notionnel de 23,3 milliards d’euros.

Rendement annualisé moyen des produits remboursés, par année 5 %6 %7 %8 %9 % 4,9 % 8,5 % 20172019202120232025 Aggrega
Source : Structured Retail Products, rapport France 2025. Analyse équipondérée, chaque produit comptant autant quelle que soit sa taille. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.

Cette moyenne cache pourtant l’écart le plus important du marché, et il est rarement mis en avant.

Produits rappelés par anticipation 3 953 produits en 2025 +8,8 % par an durée moyenne 1,4 an
Produits allés jusqu’à leur terme 153 produits en 2025 +0,55 % par an la formule est allée au bout

Un produit rappelé au bout de dix-huit mois et un produit qui va au bout de ses dix ans ne sont pas le même placement, même s’ils portaient la même formule au départ. Le rappel anticipé n’est pas un incident de parcours : c’est le scénario normal, et le scénario rentable. Aller au terme signifie presque toujours que le sous-jacent n’a jamais retrouvé son niveau, et le rendement s’en ressent.

Le régulateur arrive à des ordres de grandeur voisins sur une période plus ancienne : le pôle commun AMF-ACPR relève un rendement annuel médian brut compris entre 6 % et 7 % sur 2021 à 2023, et une perte en capital sur moins de 1 % des produits remboursés. Il ajoute aussitôt que ces performances « ne doivent pas occulter le risque de perte en capital en cas de retournement du marché ». La période observée a été haussière du début à la fin.

Qui achète ces produits, et dans quelle enveloppe ?

La cartographie du pôle commun AMF-ACPR, fondée sur les déclarations de dix producteurs, donne le portrait le plus fiable dont on dispose.

  • Au moins 80 % de la commercialisation passe par l’assurance-vie, contre environ 20 % en compte-titres ou en offre au public. La fiscalité du produit dépend donc presque toujours de son enveloppe.
  • Près de la moitié des produits excluent le grand public en le qualifiant de marché cible négatif, et 8 % sont réservés à une clientèle dite avancée. Ce sont des produits vendus à des particuliers, mais pas à n’importe lesquels.
  • Plus d’un tiers des produits émis en 2023 offrent une protection totale du capital à l’échéance, une part en hausse continue depuis 2021, portée par la remontée des taux.
  • La part des produits les moins risqués a bondi : les produits notés SRI 1 à 3 sont passés de 9 % à 39 % des émissions.

Du côté des conseillers, l’observatoire IRBIS, mené auprès d’un panel de 2 000 conseillers en gestion de patrimoine, mesure une bascule nette : 27 % d’entre eux consacrent désormais plus de 40 % de leurs allocations aux produits structurés, une proportion quasi inexistante en 2021. Et 69 % déclarent privilégier les produits à capital protégé dans un contexte volatil.

Sur quoi ces produits sont-ils adossés ?

Répartition du notionnel arrivé à maturité en 2025, selon Structured Retail Products.

Action individuelle 18 %
Indice à décrément en points 15 %
Indice de référence classique 15 %
Action à décrément 8 %
Worst-of sur actions 8 %
Panier pondéré 8 %
Indice à décrément en pourcentage 8 %
Taux d’intérêt 6 %
Indice sectoriel 4 %
Fonds 3 %
Indice thématique sans décrément 3 %
Autres 4 %

En additionnant les trois lignes concernées, les indices et actions à décrément pèsent 31 % du notionnel arrivé à maturité en 2025, ce qui recoupe le constat du régulateur, pour qui ils représentent un peu plus du tiers des produits, en décroissance depuis 2021.

Le détail compte plus que le total. Le décrément exprimé en points représente à lui seul 15 % du notionnel, soit près du double de celui exprimé en pourcentage (8 %). C’est la forme que le régulateur désigne comme la plus difficile à appréhender pour l’épargnant, parce que le prélèvement, fixe, pèse d’autant plus lourd que l’indice baisse. Nous l’avons détaillé dans ce que le régulateur sait des produits structurés.

Côté conseillers, l’écart est encore plus net : 83 % des professionnels interrogés par IRBIS déclarent utiliser des sous-jacents à décrément. Quant à la thématique ESG, elle recule franchement, passant de 18 % des produits commercialisés en 2021 à 5 % fin 2023 selon le régulateur, pendant que 64 % des conseillers jugent l’offre insuffisante ou inadéquate.

Ce que coûte un produit structuré

C’est le point le moins documenté du marché, et le pôle commun AMF-ACPR s’y est attaqué en juin 2026 sur un échantillon de 60 titres de créance structurés.

Coût d’entrée total moyenne constatée 5,83 % de 1,20 % à 13,16 %
Coût de sortie moyenne constatée 0,71 % de 0 % à 2,60 %

Un écart de un à onze sur le coût d’entrée : c’est l’enseignement principal. Deux produits d’apparence comparable peuvent ne rien coûter de comparable.

Le rapport pointe surtout la difficulté à les voir : ces coûts sont « intégrés de manière indirecte dans le produit, ce qui les rend difficiles à comprendre ». Ils n’apparaissent pas sous forme de ligne à payer, mais dans le prix d’émission et dans la formule. Le document d’informations clés en donne l’incidence annuelle sur le rendement, et c’est la rubrique à lire en premier.

Le même rapport relève par ailleurs « de nombreuses situations de non-conformité à la réglementation pour tous les acteurs de la chaîne », sur la définition des marchés cibles, l’évaluation des connaissances du client et l’information sur les frais.

Nos sources

Chaque chiffre de cette page provient de l’une des publications suivantes. Nous les citons nommément pour que vous puissiez les vérifier.

  1. Rapport de performance des produits structurés, France 2025 Structured Retail Products (Derivia Intelligence), mai 2026. Base de plus de 51 000 produits, environ 25 600 en cours. Analyse équipondérée.
  2. Cartographie des produits structurés Pôle commun AMF-ACPR, avril 2025. Données déclaratives de 10 établissements producteurs, période 2021 à 2023.
  3. Distribution, frais et performance des produits structurés Pôle commun AMF-ACPR, juin 2026. Enquête et entretiens auprès de la chaîne de distribution, juin 2025 à janvier 2026.
  4. La complexité des produits structurés commercialisés en France AMF, Anne Demartini et Natacha Mosson, janvier 2020. Série longue 2001 à 2018, à partir des données Structured Retail Products.
  5. Observatoire des produits structurés 2025 IRBIS, 2025. Enquête déclarative auprès d’un panel de 2 000 conseillers en gestion de patrimoine.

Les périmètres diffèrent d’une source à l’autre : le régulateur interroge les producteurs, Structured Retail Products analyse les produits remboursés, IRBIS interroge des conseillers. Les chiffres ne sont donc pas toujours directement comparables, et nous indiquons systématiquement lequel dit quoi.

Questions fréquentes

Quelle est la taille du marché français des produits structurés ?

La collecte auprès des particuliers est passée d’environ 23 milliards d’euros en 2021 à près de 42 milliards en 2023, selon la cartographie du pôle commun AMF-ACPR. Le précédent point haut datait de 2007, avec 22,8 milliards d’euros selon Structured Retail Products, mais répartis sur 251 produits seulement.

Quel rendement ont servi les produits structurés ?

Sur les 4 106 produits remboursés en France en 2025, Structured Retail Products relève un rendement annualisé moyen de 8,5 %, et moins de 0,5 % de produits en rendement négatif. La moyenne masque un écart considérable : les produits rappelés par anticipation rendent 8,8 % par an sur 1,4 an en moyenne, tandis que les 153 produits allés jusqu’à leur terme rendent 0,55 % par an.

Combien coûte un produit structuré ?

Sur un échantillon de 60 titres de créance structurés, le pôle commun AMF-ACPR relève en juin 2026 un coût d’entrée total moyen de 5,83 %, dans une fourchette allant de 1,20 % à 13,16 %. Le coût de sortie moyen ressort à 0,71 %. Le rapport souligne que ces coûts sont intégrés de façon indirecte dans le produit, ce qui les rend difficiles à percevoir.

Les produits structurés font-ils perdre de l’argent ?

Rarement sur la période récente, qui a été haussière : le pôle commun AMF-ACPR relève une perte en capital sur moins de 1 % des produits remboursés entre 2021 et 2023, et Structured Retail Products moins de 0,5 % en 2025. Ces chiffres décrivent un marché porteur et ne disent rien du comportement de ces produits en cas de retournement, où la perte peut atteindre l’intégralité du capital.